Les Midis en Musique : Au train où vont les choses


ensemble kaïnos
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Ensemble Kaïnos : François Hollemaert, ténor | Louis Quiles, vibraphone | Lisa Heute, accordéon et chorale | Jean-Christophe Dantras-Henry, ténor |  Ensemble Tenete, chœur | Anne Laffilhe, direction et Aurélie Kavafian vidéo et création d’images

L’ensemble Kaïnos propose un voyage musical à travers les représentations du train, depuis les toutes premières lignes commerciales jusqu’à aujourd’hui, dans un format original de ciné-concert. Le train a été, pendant plus d’un siècle, le moyen de transport principal des français, le moins cher et le plus rapide, symbole de la modernité. De L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat, l’un des premiers film des frères Lumières, au «personnage obligé» du western classique, en passant par les très beaux tableaux impressionnistes représentants des trains ou des gares, le train a inspiré bien des compositeurs. Un vibraphone, un accordéon, deux chanteurs accompagnés d’un chœur explorent ce répertoire rare et méconnu, en illustrant en direct des courts-métrages originaux dédiés à l’univers ferroviaire.

L’Ensemble Kaïnos
L’Ensemble Kaïnos est un collectif de musiciens, instrumentistes et chanteurs. Ils sont réunis par la volonté d’exploiter le répertoire vocal et instrumental des XIXe et XXe siècles sous un angle nouveau. À travers un même amour du mot mis en musique et de la musique signifiante et théâtrale, ce jeune ensemble propose des adaptations originales du théâtre lyrique et du répertoire de musique de chambre.

Au train où vont les choses
PROGRAMME MUSICAL détaillé
Joseph Kosma : En sortant de l’école (1946)
Cette chanson, sur un poème de Jacques Prévert, est l’une des plus célèbres collaborations entre Prévert et Kosma, rendue inoubliable par les interprétations historiques d’Yves Montand et des Frères Jacques. Encore aujourd’hui, elle figure parmi les chansons les plus enseignées dans les écoles primaires françaises. Ce charmant poème pour enfants relate l’aventure imaginaire d’un groupe d’écoliers qui, à la sortie de la classe, partent faire le tour du monde à bord d’un train.
Charles Lecocq : J’ai manqué le train (1885)
Cette chansonnette légère, sur un texte d’Albert Millaud, dans un esprit très « Années folles », proche de l’univers de Feydeau et des chansons frivoles qui faisaient fureur à Paris à la fin du XIXe siècle, raconte les mésaventures d’un jeune marié dont le principal défaut est de ne jamais réussir à attraper son train à l’heure ! Entre mariage, nuit de noces et adultère, cette saynète en musique évoque une petite pièce de boulevard, portée par l’inspiration mélodique de Lecocq, grand successeur d’Offenbach sur la scène musicale parisienne d’avant la Grande Guerre.
Bohuslav Martinů : Le Train hanté (1937)
Cette pièce pour piano a été composée à l’occasion de l’Exposition Internationale des Arts et Techniques dans la Vie Moderne. Cette œuvre faisait partie d’une commande regroupant quinze compositeurs résidant alors dans la capitale, chacun ayant écrit une pièce dédiée à la pianiste française Marguerite Long. Bien qu’un Pavillon des Chemins de fer ait été présent à l’exposition, les œuvres de cette série ne portaient pas sur les trains réels, mais s’inspiraient des attractions du parc de loisirs installé sur le site. Parmi les autres compositions de cette collection figuraient Scenic Railway d’Arthur Honegger et Autour des montagnes russes d’Alexandre Tcherepnine.
Claude Terrasse : Panthéon-Courcelles (1899)
Cet objet musical non identifié, sur un texte surréaliste de Georges Courteline, flirte avec l’esprit dadaïste.Ce morceau retrace, dans une parodie burlesque du théâtre antique, la lente et interminable traversée du célèbre omnibus entre Panthéon et Courcelles. Les deux récitants sont régulièrement interrompus par des interventions chorales : chœur de vierges, chœur antique, mais aussi par les divers protagonistes du «drâme», passagers et conducteur de l’omnibus. L’ensemble se conclut sur un final tutti au contrepoint travaillé, couronnant cette pièce atypique et pleine d’ironie d’une touche de virtuosité absurde.
Frédéric Henry Pease : The Whistle of the Train (1874)
Cette chanson avec chœur s’inscrit dans la tradition des chants moralistes d’inspiration protestante, particulièrement populaires aux États-Unis à la fin du XIXe siècle. Frédéric Henry Pease y met en musique un poème de Levi Bishop, avocat, historien et poète amateur. Compositeur et pédagogue, Pease est surtout reconnu pour ses œuvres à visée éducative. Il enseigna d’abord dans son Ohio natal, avant de rejoindre le conservatoire de Detroit. Dans ce texte, Bishop utilise la métaphore du train pour évoquer la mort comme un passage serein vers un autre monde. Pour faciliter la compréhension, les membres de l’ensemble Kaïnos vous proposent ici une traduction française du poème.
Benjamin Britten : Midnight on the Great Western (1953)
Cette mélodie est issue du cycle Winter Words, Op. 52, qui réunit huit pièces pour ténor et piano composées sur des poèmes de Thomas Hardy. Elle évoque le voyage d’un jeune garçon en 3e classe à bord de la Great Western Railway. Le calme étrange de l’adolescent contraste avec l’incertitude de sa destination, soulignant sa vulnérabilité face à l’inconnu. La partie de piano, d’une grande puissance évocatrice, rend les cahots du train de manière saisissante, rappelant la première scène de l’opéra The Turn of the Screw, où les sons du train résonnent comme un écho des angoisses de la gouvernante en route vers son nouveau poste. Le poème de Hardy traduit l’isolement, le poids du destin et les difficultés des classes modestes dans une société industrialisée.
Hector Berlioz : Chant des chemins de fer (1846)
Cette cantate pour ténor, chœur et orchestre, sur un texte de Jules Janin, a été créée pour l’inauguration de la gare de Lille. Jules Janin, écrivain, critique dramatique et membre de l’Académie française, était un proche de Berlioz. Dans ce texte empreint d’un lyrisme parfois grandiloquent, il exprime les idéaux saint-simoniens reposant sur la foi dans le progrès industriel, la technique comme vecteur de liberté et d’émancipation, et l’idée d’un bonheur collectif fondé sur une « industrie morale ». Berlioz composa cette cantate dans l’urgence, en trois nuits, suspendant l’écriture de La Damnation de Faust. Il se rendit à Lille à bord du train inaugural. Lors de l’inauguration, il dirigea lui-même Le Chant des chemins de fer.
Jacques Offenbach : La Ronde des chemins de fer (1872)
Cet extrait du Roi Carotte présente une description burlesque du chemin de fer, faite par des voyageurs venus du futur à la population pompéienne d’avant l’éruption du Vésuve. Le Roi Carotte est un opéra-bouffe-féerie, né de la collaboration entre Jacques Offenbach et Victorien Sardou, qui s’inscrit dans la vogue des spectacles féeriques de l’époque. La Ronde des chemins de fer, fidèle au style des finales d’acte offenbachiens, mêle récitatifs, ariettes solistes et refrains en chœur. Le comique de la situation — des personnages modernes expliquant une invention contemporaine à une société antique — offre à Sardou l’occasion de tourner en dérision, avec légèreté, l’industrie ferroviaire en plein essor à la fin du XIXe siècle. Offenbach, de son côté, en profite pour faire briller son talent orchestral en imitant les sons caractéristiques du chemin de fer.

P.T. 18 € — adh. 14 € — réduit/ clé 9 € — solidaire 5 €


Informations / Réservations :

– en ligne : notre billetterie musée en musique (sans frais) ou Ticketmaster (partenaire E.Leclerc) ou Francebillet (partenaire FNAC)
– sur place : Musée en musique, 5 place Lavalette, 38000 Grenoble
par téléphone du lundi au vendredi au 04 76 87 77 31 (avec le règlement par carte bancaire)
dans les points de vente partenaires : Magasins E.Leclerc, Auchan, Carrefour, Cultura, Cora et FNAC

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